Qu’est-ce que la science ouverte change aux métiers de la recherche ?

Cependant, cette évolution vers le libre accès comporte aussi quelques effets négatifs, nuance Vincent Larivière, chercheur en bibliothéconomie à l’Université de Montréal1  et titulaire de la Chaire Unesco sur la science ouverte : « Certaines maisons d’édition commerciales en ont profité pour basculer d’un système où les lecteurs et lectrices payaient un abonnement vers un fonctionnement où les auteurs et les autrices doivent débourser d’importantes sommes pour publierUne partie des budgets dédiés à la recherche scientifique se retrouve ainsi engloutie dans ces frais de publications souvent très élevés. D’autre part, ces revues n’ont aucun intérêt à refuser un manuscrit, et cela engendre alors un océan d’articles qui ne sont pas toujours d’excellente qualité ». Un système que dénonce Alain Schuhl, directeur général délégué à la science au CNRS : « En donnant la possibilité d’être publié moyennant paiement, le système auteur-payeur a accru la possibilité de publier une recherche aux antipodes de toute déontologie ou intégrité scientifique. Il a permis l’émergence de l’édition prédatrice, dont le modèle économique favorise la course à la publication sans aucune garantie sur la qualité scientifique des résultats publiés ».

Ce contenu a été mis à jour le 19 juin 2026 à 14 h 47 min.